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07.04.2026 02:29 PM
EUR/USD marque une pause alors que les marchés attendent la décision d’ultimatum de Trump

Le marché des changes est figé, dans l’attente du dénouement de l’intrigue majeure de cette semaine. Aujourd’hui arrive à échéance l’ultimatum de Donald Trump à l’Iran, et il deviendra clair si le conflit actuel se transformera en une nouvelle vague d’hostilités ou si les parties accepteront un cessez-le-feu temporaire et s’assiéront à la table des négociations. Le temps presse, et les traders de l’EUR/USD ont donc adopté une position défensive.

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La paire évolue dans une fourchette étroite pour la deuxième séance consécutive, et les traders ont même ignoré une publication macroéconomique importante — l’indice ISM — parue hier aux États-Unis. Tout cela indique que l’orientation de EUR/USD dépend désormais entièrement de la géopolitique, c’est-à-dire des prochaines décisions de Washington et de la réponse de Téhéran. D’ici la fin de la journée, soit l’appétit pour le risque se redressera (soutenant notamment l’euro), soit le dollar s’affirmera de nouveau en tirant parti de son statut de valeur refuge.

Bien qu’il ne reste plus que quelques heures avant l’expiration de l’ultimatum, on ignore toujours si les parties sont prêtes à un compromis. Selon The New York Times, Téhéran a soumis à Washington un plan de règlement en 10 points, réclamant la levée complète des sanctions contre l’Iran, l’arrêt des frappes et des garanties de non-agression. De plus, les Iraniens exigent des États-Unis des compensations pour la reconstruction des infrastructures endommagées — en d’autres termes, des réparations. Concernant le sort du détroit d’Hormuz, Téhéran a posé ses propres conditions : l’Iran débloquerait la voie maritime mais propose de facturer des droits de passage de 2 millions de dollars par navire. De fait, le détroit d’Hormuz deviendrait une route commerciale, à l’image des canaux de Suez ou de Panama.

Il est à noter que Donald Trump n’a pas rejeté d’emblée les propositions iraniennes — il les a qualifiées d’« offre substantielle », tout en les jugeant « pas suffisamment bonnes ». Les déclarations contradictoires de Trump ne permettent pas d’évaluer clairement les chances de parvenir à un accord. Le suspense demeure, ce qui signifie que toute décision de trading sur EUR/USD reste risquée.

Si les parties conviennent d’un cessez-le-feu temporaire, la paire bondira vers la zone de 1,16, portée par un regain d’appétit pour le risque. Dans ce scénario, les statistiques macroéconomiques reviendront au premier plan, et la plupart d’entre elles plaideront contre le dollar.

Rappelons que la solide progression des NFP publiés pour mars n’a pas impressionné le marché. Un examen plus attentif du rapport met en lumière des problèmes structurels persistants. Prenons le taux de chômage, qui a officiellement reculé de 4,4 % à 4,3 %. D’un côté, cela semble positif, mais de l’autre, ce n’est pas le résultat d’une accélération des embauches — les personnes arrêtent simplement de chercher du travail faute de perspectives ou par déception à l’égard du marché de l’emploi. Le taux de participation à la population active est tombé à 61,9 %, ce qui signale une réduction de l’offre de travail. Parallèlement, la méthodologie statistique du BLS comptabilise le retour au travail des grévistes comme des créations d’emplois, ce qui fait mécaniquement baisser le taux de chômage. Le chômage de longue durée — le nombre de personnes au chômage depuis plus de 27 semaines — a augmenté de 322 000 sur un an. D’ailleurs, la hausse des NFP en mars (+178 000) a elle aussi été alimentée par un facteur technique : le BLS a compté le retour des grévistes (de grandes grèves dans la santé ont eu lieu en février) comme des « créations d’emplois », alors qu’il ne s’agissait en réalité que du rétablissement technique de personnes dans leurs fonctions précédentes.

L’indice ISM des services, publié hier aux États-Unis, a lui aussi suscité plus de questions qu’il n’a apporté de réponses. Bien que l’indicateur reste en zone d’expansion, il a ralenti à 54,0, contre 56,1 précédemment. La structure du rapport met en évidence des tendances négatives. En particulier, le sous-indice de l’emploi a chuté de 6,6 points (de 51,8 à 45,2), basculant en zone de contraction pour la première fois en quatre mois. Plusieurs facteurs expliquent cette dynamique : une pénurie de main-d’œuvre qualifiée et un gel des embauches lié à la montée des incertitudes et à la hausse des coûts.

En outre, le rapport ISM fait apparaître un net ralentissement de l’activité des entreprises : le sous-indice correspondant a reculé à 53,9, contre 59,9. Il s’agit de son plus bas niveau depuis septembre de l’année dernière. Les secteurs du commerce de détail et de la santé ont été les plus touchés, leur activité étant déjà en contraction. Dans le même temps, le sous-indice des prix payés a bondi de 63,0 en février à 70,7, son plus haut niveau depuis octobre 2022. L’ensemble de ces éléments témoigne d’une montée des risques de stagflation.

Ainsi, un rapport NFP décevant et une publication ISM des services mitigée jouent contre le billet vert, mais ouvrir des positions longues sur EUR/USD à l’heure actuelle reste très risqué. La trajectoire ultérieure de la paire dépendra de la volonté des États-Unis et de l’Iran de parvenir à un accord. Si les événements suivent un scénario de désescalade, la paire se dirigera vers la zone de 1,16, portée par des statistiques macroéconomiques faibles. En revanche, si Trump met ses menaces à exécution, le dollar, en tant que valeur refuge, sera de nouveau recherché et EUR/USD se dirigera à la baisse vers la zone de 1,14 — vers le support à 1,1440 (la bande inférieure de Bollinger en unité de temps D1). Dans des conditions aussi incertaines, il est recommandé d’adopter une position d’attente sur la paire.

Irina Manzenko,
Analytical expert of InstaTrade
© 2007-2026

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