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Le dollar australien, en paire avec la devise américaine, fait preuve d’une remarquable résistance au stress, permettant aux acheteurs de AUD/USD d’ouvrir des positions longues sur les replis. Après une chute brutale du cours à 0,6947 (réaction initiale au déclenchement de la guerre au Moyen-Orient), la paire s’est reprise et s’est stabilisée dans la zone de 0,70. Ce mardi, l’Aussie s’approche déjà de ses plus hauts niveaux de l’année, après avoir franchi le seuil de résistance de 0,7110 (la borne supérieure de l’indicateur Bandes de Bollinger sur le graphique en quatre heures). Cette dynamique des prix s’explique par plusieurs facteurs fondamentaux.
L’Australie dépend du pétrole importé (le pays importe environ 90 % du pétrole et des produits pétroliers qu’il consomme), de sorte qu’une forte hausse des prix de « l’or noir » affectera inévitablement la dynamique de l’inflation, qui s’accélérait déjà à un rythme soutenu avant même le conflit au Moyen‑Orient. Selon plusieurs experts, aux prix actuels du pétrole (90 à 95 dollars le baril pour le Brent), la contribution des carburants à l’inflation trimestrielle sera d’environ 0,1 à 0,2 point de pourcentage.
Il est également important de rappeler que la hausse des prix des carburants entraînera une augmentation des coûts logistiques, qui se répercutera sur quasiment tous les secteurs. La plupart des biens en Australie sont acheminés à travers le pays par camions, si bien que la hausse des prix du diesel obligera les distributeurs à revoir les prix de nombreux produits. L’augmentation des prix du carburant aérien se reflétera (et se reflète déjà) dans le coût des billets d’avion, ce qui est particulièrement significatif pour l’Australie, où le trafic passagers domestique annuel atteint 60 millions de personnes. Et ainsi de suite. Dans le même temps, en janvier — avant les événements au Moyen‑Orient — l’indice d’inflation sous‑jacente (trimmed mean) sur lequel se concentre la Reserve Bank of Australia a accéléré pour atteindre 3,4 % en Australie, son plus haut niveau depuis octobre 2024.
Il en découle le deuxième facteur fondamental qui explique le comportement de l’Aussie : la position « hawkish » de la Reserve Bank of Australia. La semaine dernière, la gouverneure de la RBA, Michelle Bullock, a envoyé un signal restrictif en déclarant que la banque centrale « n’a pas nécessairement besoin d’attendre les données d’inflation du premier trimestre pour procéder à de nouvelles hausses de taux d’intérêt ». Étant donné que les données trimestrielles seront publiées en avril et que la prochaine réunion de la RBA aura lieu la semaine prochaine, il existe une probabilité non nulle que la banque centrale resserre les paramètres de la politique monétaire ce mois‑ci.
Dans le même temps, la Réserve fédérale américaine a nettement adouci sa rhétorique à la lumière de faibles chiffres de l’emploi non agricole de février. Il convient de noter que le taux de chômage américain est monté à 4,4 % le mois dernier et que le nombre d’emplois dans le secteur non agricole a, de façon inattendue, diminué de 90 000. Ce résultat a conduit à une révision des prévisions à long terme. Les intervenants de marché continuent de penser que la Fed maintiendra inchangés tous les paramètres de la politique monétaire lors des réunions de printemps, mais ils estiment également à 50 % la probabilité que la banque centrale applique une baisse de 25 points de base en juin.
Sur fond de signaux restrictifs en provenance de la RBA, la position de la Fed apparaît plus accommodante. La divergence qui se dessine entre la Fed et la RBA est favorable aux acheteurs de l’AUD/USD.
Comme on le sait, l’économie australienne est étroitement liée à la Chine, de sorte que toute nouvelle macroéconomique significative en provenance de Chine a un impact conséquent sur le dollar australien. Cette fois, l’Aussie a réagi positivement à l’accélération de l’inflation chinoise. La publication s’est révélée étonnamment solide : l’indice global des prix à la consommation (CPI) a accéléré à 1,3 % en janvier (son plus haut niveau en trois ans), après une faible progression de 0,2 % en décembre. L’inflation sous‑jacente, hors prix de l’alimentation et de l’énergie, a bondi à 1,8 %, son plus haut niveau depuis mars 2019. Même l’indice des prix à la production est passé en « zone verte ». Et bien que le PPI soit resté en territoire négatif, le rythme de son recul a ralenti en janvier (-0,9 % en janvier, contre -1,4 % le mois précédent).
L’inflation chinoise a un impact direct sur la dynamique de l’AUD/USD (dans la mesure où l’économie australienne dépend largement de la demande en provenance de Chine), de sorte que ce résultat solide a clairement été interprété en faveur de l’Aussie.
Ainsi, le contexte fondamental actuel est propice à une poursuite de la hausse de l’AUD/USD.
Sur le plan technique, la paire se situe sur le graphique quotidien entre les lignes médiane et supérieure de l’indicateur Bollinger Bands et au‑dessus de toutes les lignes de l’indicateur Ichimoku, ce qui signale un « Parade of Lines » haussier. Un schéma similaire s’est formé sur d’autres unités de temps — H4 et W1. Il est conseillé de mettre à profit les corrections techniques pour ouvrir des positions longues, avec un premier objectif à 0,7150 (la ligne supérieure de l’indicateur Bollinger Bands sur le graphique quotidien) et un objectif principal à 0,7200 (la ligne supérieure des Bollinger Bands sur le graphique hebdomadaire).