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Les acheteurs d’euro, de livre sterling et d’autres actifs risqués abordent les perspectives de croissance future avec prudence, privilégiant le dollar américain alors que les tensions géopolitiques suscitent de nouveau de vives inquiétudes.
La campagne militaire américaine contre l’Iran n’a jusqu’à présent pas réussi à contraindre le régime à capituler, et l’administration Trump revient à une stratégie fondée sur une pression économique écrasante. Face à des pénuries de munitions essentielles et à la perspective d’une guerre impopulaire qui se prolonge, Trump et ses principaux responsables misent sur un durcissement progressif des sanctions et sur un blocus naval pour étouffer les exportations de pétrole. Il s’agit d’un changement de cap notable pour une administration qui, quelques jours plus tôt à peine, menaçait encore d’intensifier la campagne militaire après près de six mois de guerre contre Téhéran.
La nouvelle approche a été baptisée « Economic Fury » et est dirigée par le secrétaire à la Défense Scott Bessent. Trump lui‑même a récemment exprimé un point de vue similaire dans une interview, déclarant qu’il n’accorde pas une grande importance à la situation avec l’Iran : « Nous nous contentons d’observer l’Iran, compte tenu de son inflation massive et du fait qu’ils n’ont pas d’argent. » Bessent avait déclaré quelques semaines plus tôt : « Le gouvernement fait souffrir la population, et nous continuerons à faire pression. »
Certains experts approuvent la logique de l’administration, invoquant l’évolution du contexte extérieur et soutenant que, les juridictions auparavant utilisées pour contourner les sanctions — y compris les Émirats arabes unis — devenant beaucoup moins accueillantes pour le financement illicite et le commerce avec l’Iran, et les marchés mondiaux réduisant leur dépendance aux produits iraniens, les sanctions américaines existantes gagnent fortement en efficacité.
D’autres, toutefois, contestent cette théorie, et l’expérience historique va clairement à son encontre. Les États‑Unis imposent des sanctions à l’Iran, comme à plusieurs autres pays, depuis des décennies, sans que cela n’ait entraîné de changements politiques substantiels ; des exemples similaires incluent la Corée du Nord et Cuba.
Pour l’instant, il n’y a pas de résultats tangibles sur les principaux fronts. Téhéran n’a pas cédé sur son programme nucléaire ni sur le contrôle du détroit d’Hormuz, qui reste de fait fermé, l’Iran formulant sans cesse de nouvelles exigences pour sa réouverture.
La Maison‑Blanche a récemment déclaré que les sanctions et le blocus naval avaient plongé l’Iran dans une ruine totale et que Trump disposait de nombreux leviers qu’il pourrait actionner dans les prochains mois, sans préciser lesquels. Les économistes et les experts notent que le principal problème de la stratégie actuelle est que chaque nouvelle étape coûte plus cher que la précédente.
Comme je l’ai indiqué plus haut, les acheteurs d’actifs risqués réagissent dès maintenant à ces évolutions.
En ce qui concerne la configuration technique actuelle de l’EUR/USD, les acheteurs doivent désormais envisager de s’emparer du niveau de 1,1540. Ce n’est qu’à cette condition qu’ils pourront viser un test de 1,1560. De là, ils pourraient monter jusqu’à 1,1580, mais y parvenir sans le soutien de gros intervenants serait assez difficile. En cas de repli de l’instrument, je m’attends à une véritable activité des gros acheteurs seulement autour de 1,1515. S’il n’y a personne à ce niveau, il sera judicieux d’attendre un nouveau plus bas à 1,1500 ou d’ouvrir des positions longues à partir de 1,1480.
Quant à la configuration technique actuelle du GBP/USD, les acheteurs de livre sterling doivent s’emparer de la résistance la plus proche, à 1,3507. Ce n’est qu’alors qu’ils pourront viser 1,3541, au‑dessus de laquelle il sera plutôt difficile de s’affranchir. L’objectif le plus éloigné se situe dans la zone de 1,3581. En cas de repli de la paire, les baissiers tenteront de prendre le contrôle du niveau de 1,3467. S’ils y parviennent, une cassure de cette zone infligera un sérieux revers aux positions des haussiers et fera reculer le GBP/USD vers 1,3435, avec la perspective d’un mouvement ultérieur vers 1,3401.